Lavabo d'ablutions : l'installer dans sa salle de bains

Un lavabo d’ablutions associe deux bassins en céramique : un bassin haut pour les mains, le visage et les avant-bras, un bassin bas où les pieds se lavent sans monter jusqu’à la vasque. Sa pose réclame peu de surface, de l’eau chaude et froide, une évacuation assez basse, un mur solide et un sol sûr sous des pieds mouillés.
Pourquoi le lavabo ordinaire se prête mal au lavage des pieds
Le wudu, ces ablutions que de nombreuses personnes de confession musulmane font avant la prière, comprend des gestes simples : se laver les mains, la bouche, le visage et les avant-bras, passer les mains mouillées sur la tête, laver les pieds. Tous trouvent leur place au-dessus d’une vasque, sauf le dernier.
Une vasque se trouve à hauteur de hanche pour un adulte debout. Le lavage des pieds y oblige à soulever un pied jusqu’au rebord et à tenir sur l’autre jambe pendant le rinçage. Pour un parent âgé, une personne qui souffre des genoux ou un jeune enfant, la posture devient risquée :
- tout le poids repose sur une jambe, souvent sur un carrelage humide ;
- la main libre s’agrippe à une céramique qui n’a pas été prévue pour cet usage ;
- l’eau coule le long du mollet et finit au sol ;
- les éclaboussures gagnent le miroir et le mur.
La douche règle la hauteur, au prix d’un receveur mouillé à chaque fois. Dans les deux cas, l’eau répandue plusieurs fois par jour rend la pièce glissante.
Deux bassins, deux hauteurs : ce que change l’appareil
Le lavabo d’ablutions sépare les deux usages. En haut, une vasque reçoit les mains, le visage et les avant-bras. En bas, presque au ras du sol, un bassin bas peu profond accueille les pieds sous son propre bec : le talon reste près du sol et l’eau retombe dans une cuve reliée à l’évacuation, pas sur le carrelage.
Reste à choisir la forme, d’après la personne qui s’en servira le plus. Une boutique spécialisée dans ces appareils présente côte à côte le meuble sur pied à double bassin, le bassin mural posé bas pour les pieds et le bassin muni d’une assise : pour une famille qui souhaite acheter un lavabo d'ablutions pour sa maison, mettre ces formes et leurs cotes en regard aide à fixer la hauteur du bassin des pieds et à savoir si chacun se lavera debout ou assis.
Cette offre est partie d’une scène familiale : des aînés qui ne parvenaient plus à hisser le pied jusqu’à la vasque sans vaciller. Les cotes ci-dessous sont celles des modèles de cette boutique ; elles décrivent une offre, pas une règle de pose.
| Forme | Pieds lavés | Cotes relevées | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Meuble sur pied à double bassin | Debout | 84 à 87 cm de haut ; format rond compact de 34,5 cm sur 39,9 cm, haut de 84 cm | Adulte à l’équilibre sûr, pièce étroite |
| Bassin mural bas | Assis sur un tabouret | Hauteur choisie à la pose | Personne qui préfère s’asseoir |
| Bassin à assise intégrée | Assis sur l’appareil | 80 × 45 × 49,5 cm | Parent âgé, équilibre fragile |
Le meuble à double bassin tient sur une emprise réduite ; le bassin mural et le bassin à assise visent ceux de vos proches pour qui la station debout devient une épreuve.

Où placer un lavabo d’ablutions dans le logement
Salle de bains, salle d’eau, buanderie ou petite pièce aménagée : le choix revient à la famille. Chaque option convient au lavabo pour ablutions dès qu’elle offre de l’eau chaude et froide à proximité, une évacuation assez basse pour le bassin des pieds, des murs et un sol qui supportent les projections. Dans une pièce sans point d’eau, la pose revient à créer une petite salle d’eau.
L’appareil prend peu de place ; c’est l’espace devant lui qui décide du confort. Avant de commander, prévoyez :
- la largeur d’un tabouret et de quoi se relever sans buter contre un mur ;
- une patère ou un porte-serviettes à portée de main ;
- un battant de porte qui n’atteint pas une personne assise ;
- un éclairage qui touche aussi le bassin bas, souvent dans l’ombre de la vasque.
Le test le plus parlant prend dix minutes : tracez l’emprise au sol au ruban de masquage, placez le tabouret prévu, asseyez-vous et faites le geste à vide. La moindre gêne saute alors aux yeux.
Eau chaude, inverseur et évacuation : le raccordement
Un lavabo d’ablutions se raccorde comme tout appareil sanitaire, selon le NF DTU 60.1, la norme AFNOR de décembre 2012 consacrée à la plomberie sanitaire des bâtiments : alimentation en eau froide et chaude, évacuation, pose des appareils. Les modèles de la boutique citée plus haut arrivent avec leur robinet, leur bonde et leurs sorties d’eau ; elle conseille un plombier qualifié et joint une notice.
Deux becs, un seul réglage
Chaque bassin a son bec. Sur certains modèles, un inverseur fourni avec le robinet envoie l’eau vers l’un ou l’autre : la température se règle au-dessus de la vasque, puis l’eau bascule vers les pieds sans nouveau réglage. Pour un parent âgé, un mitigeur thermostatique posé en amont apporte une marge contre un jet trop chaud ; les familles de robinets sont détaillées dans l’article sur les critères pour choisir sa robinetterie.
Le bassin bas commande l’évacuation
La bonde du bassin bas se trouve à quelques centimètres du sol, et l’eau ne remonte pas. La sortie qui la reçoit doit donc être plus basse, avec une pente continue jusqu’à la descente. Une sortie murale prévue pour un lavabo ordinaire peut se révéler trop haute : le plombier descend alors le raccordement dans le mur ou passe sous le sol. Le siphon, qui bloque les odeurs, doit rester accessible : l’évacuation du bassin des pieds s’encrasse vite.

Une fixation qui tient les appuis
Même posé au sol, le meuble se fixe au mur : la personne s’y retient d’une main, parfois de tout son poids. Un mur plein accepte des chevilles classiques ; une cloison en plaques de plâtre réclame un renfort derrière le parement ou des fixations pour cloisons creuses. Le bassin mural bas appelle le même contrôle avant la pose.
Sol, appui et sécurité pour un parent âgé
Même avec une cuve enveloppante, quelques gouttes tombent quand le pied quitte le bassin. Autour de l’appareil, prévoyez :
- un carrelage dont la fiche annonce une adhérence adaptée aux pieds nus mouillés ;
- un tapis absorbant à envers antidérapant là où le pied se pose ;
- un siphon de sol si le support accepte une pente et une étanchéité sous carrelage ;
- une barre d’appui du côté de la jambe d’appui, vissée dans un mur qui la tient.
Pour une personne qui ne tient plus sur une jambe, la forme assise prime : un bassin à assise intégrée, ou un bassin mural avec un tabouret stable à embouts antidérapants. Aucun équipement ne supprime le risque de chute : l’enjeu est d’accorder la forme à la mobilité réelle de la personne.
L’assise dans la douche relève d’un autre aménagement, celui de la douche italienne avec banc. Pour adapter tout le logement à l’âge ou au handicap, France Rénov’ présente MaPrimeAdapt’, l’aide de l’Anah dédiée à la perte d’autonomie, avec un diagnostic sur place par un assistant à maîtrise d’ouvrage ; les conditions figurent dans le point sur les aides à la rénovation d’une salle de bains.
Céramique blanche ou noire mate : entretien et aération
La céramique s’entretient avec un produit doux non abrasif, une éponge souple puis un essuyage. Le bassin des pieds demande un passage plus fréquent, car poussières et savon s’accumulent près de la bonde. Le blanc brillant laisse peu voir le calcaire ; la céramique noire mate, proposée sur certains modèles, révèle chaque auréole, d’où un essuyage après usage là où l’eau est dure.

Deux bassins utilisés plusieurs fois par jour chargent l’air en humidité. Une bouche d’extraction propre ou une fenêtre ouverte après usage protège joints et peinture ; pour une pièce aveugle, voyez le guide sur la ventilation d’une salle de bains sans fenêtre.
Prochaine étape : dans la pièce retenue, relevez la hauteur de la sortie d’évacuation, la position des arrivées d’eau et la nature du mur, puis choisissez la forme adaptée à la personne qui s’en servira le plus. Votre plombier partira de ces relevés.
Questions pratiques avant la pose
Quelle place prévoir au sol et devant l’appareil ?
La fiche du modèle donne l’emprise : moins de 40 cm de côté pour un meuble rond compact, 80 cm de long pour un bassin à assise. Devant, tout dépend de la posture. Debout, il s’agit d’avancer un pied sans toucher la porte ; assis, de loger un tabouret stable et de se relever sans buter contre un mur. Un tracé au ruban de masquage, testé assis puis debout, tranche la question avant la commande.
Comment raccorder le bassin bas à une évacuation existante ?
Tout dépend de la hauteur de la sortie. L’eau du bassin bas s’écoule par gravité, donc l’évacuation doit se trouver sous la bonde, avec une pente régulière. Si la sortie actuelle dessert un lavabo ordinaire, elle peut être trop haute : le plombier abaisse alors le raccordement dans le mur, chemine sous le sol ou rejoint une canalisation plus basse. Un siphon accessible, qui retient les odeurs et se démonte pour le nettoyage, reste indispensable dans tous les cas.
Pourquoi un inverseur entre les deux becs ?
Il évite de régler deux fois la température. L’eau s’ouvre au-dessus de la vasque, à la bonne température, puis une manette la renvoie vers le bec du bas pour les pieds. Le montage suppose de l’eau chaude et de l’eau froide jusqu’au robinet, chacune avec son robinet d’arrêt. Si vous ne disposez que d’eau froide à cet endroit, faites chiffrer l’ajout d’une arrivée chaude par votre plombier avant de fixer la date des travaux.
Que vérifier avant de faire venir un plombier ?
Quatre relevés font gagner une visite : la hauteur de la sortie d’évacuation, la présence d’eau chaude et d’eau froide avec leurs robinets d’arrêt, la nature du mur, plein ou en cloison creuse, et les cotes de l’appareil choisi. Photographiez ces points et envoyez-les avec la notice du modèle : le professionnel prévoit alors les pièces et le temps de pose avant de se déplacer chez vous.